Pendant 7 jours, je suis parti seul parcourir le GR58, le mythique Tour du Queyras, au cœur des Hautes-Alpes. Une aventure en solitaire entre cols à plus de 2 800 mètres, lacs de montagne, bivouacs, refuges et rencontres inoubliables.
Dans ce récit, je vous emmène avec moi sur mon Tour du Queyras en 7 jours, de Ceillac à Saint-Véran, en passant par le refuge Agnel, les lacs du Malrif ou encore Furfande. Mais ce trek a surtout été une véritable aventure personnelle, qui m’a permis de me dépasser, de me déconnecter et de découvrir que partir seul peut parfois être la plus belle façon de se retrouver.
INFOS PRATIQUES
| DIFFICULTÉ : DIFFICILE | DURÉE : 38h28 |
| LONGUEUR : 116 KM | |
| DÉNIVELÉ POSITIF : + 7273 M | DÉNIVELÉ NÉGATIF : – 7273 M |
Jour 1 : De Ceillac à Saint-Véran, le début d’une aventure inoubliable
Il y a des aventures que l’on prépare pendant des mois et que l’on attend avec impatience. Et puis, lorsque le moment de partir arrive enfin, une drôle de sensation nous envahit. Un mélange d’excitation, de bonheur et d’appréhension.
C’est exactement ce que je ressens ce matin-là, en arrivant à Ceillac, un petit village niché au cœur du Queyras, dans les Hautes-Alpes.
Devant moi, sept jours de randonnée sur le mythique GR58, le Tour du Queyras. Sept jours à marcher au milieu des montagnes, à franchir des cols, à découvrir des paysages incroyables et à vivre au rythme de mes pas.
Mais cette aventure a quelque chose de particulier.
Pour la première fois de ma vie, je pars seul pour un trek de sept jours. Et je dois bien l’avouer : la solitude me fait peur. J’ai beau avoir déjà parcouru de nombreux trek, partir seul aussi longtemps est une expérience totalement nouvelle pour moi.
Comment vais-je vivre ces journées sans personne à mes côtés ?
Est-ce que je vais apprécier cette solitude ou, au contraire, la subir ?
Je n’en ai aucune idée.
Mais une chose est certaine : je suis venu jusqu’ici pour vivre cette aventure. Alors, il est temps de se lancer.
Je gare ma voiture sur le parking longue durée situé à l’entrée de Ceillac. Il est très facile à trouver, impossible de le manquer.

Je récupère mon sac à dos, vérifie une dernière fois mon matériel et le passe sur mes épaules. Dix kilos. Pour ce GR58 Tour du Queyras en 7 jours, je trouve ça plutôt raisonnable. Il est super confortable et je sais qu’il va progressivement s’alléger au fil des journées.
Je traverse tranquillement le centre de Ceillac, puis je longe la route pour quitter le village.
Quelques minutes plus tard, je l’aperçois enfin. Ce fameux balisage blanc et rouge que tous les passionnés de grande randonnée connaissent si bien.
Le GR58 Tour du Queyras. C’est un petit détail, mais pour moi, voir ces deux bandes de peinture marque véritablement le début de l’aventure.
Je quitte la route et m’engage sur le sentier en direction du col des Estronques. Cette fois, c’est parti. Sept jours de montagne m’attendent. Le sentier commence par une montée tranquille. Je prends mon temps, sans chercher à aller vite. Après tout, j’ai sept jours devant moi et aucune raison de me précipiter.
La météo est absolument magnifique. Le ciel est bleu, le soleil brille et il fait même particulièrement chaud. Je profite de chaque instant.
Au fur et à mesure que je prends de l’altitude, les paysages se dévoilent. Les montagnes du Queyras m’entourent et je commence à réaliser que je vais passer toute une semaine au milieu de ce décor.
Quel bonheur !
Mais à l’approche du col des Estronques, les choses se corsent. La pente devient plus raide et mes jambes commencent sérieusement à chauffer. J’atteinds enfin le col des Estronques.
Et là… Quelle récompense !
Je découvre un panorama absolument magnifique sur les montagnes, la vallée et Saint-Véran, ma destination du jour.
Je pose mon sac et décide de m’accorder une bonne pause. Au menu : le sandwich que je me suis préparé avant de partir. Rien d’extraordinaire, me direz-vous.

Et pourtant, je crois qu’il n’y a rien de meilleur qu’un bon sandwich après plusieurs heures de marche, assis au milieu des montagnes, avec une vue pareille devant soi.
Je prends le temps de manger, de contempler le paysage et de savourer ce moment. Je suis seul, là-haut, avec mon sac à dos et mes montagnes. Et pour l’instant, cette solitude que j’appréhendais tant avant de partir ne me pèse pas.
Au contraire, je commence doucement à apprécier cette liberté. Celle de pouvoir m’arrêter quand je veux, avancer à mon rythme et profiter du paysage aussi longtemps que j’en ai envie.
Finalement, être seul en montagne, ce n’est peut-être pas si terrible que ça. Mais la journée n’est pas encore terminée. Il me reste maintenant à rejoindre Saint-Véran.
Après cette pause bien méritée, je remets mon sac sur les épaules et entame la descente. Le sentier est agréable et les points de vue sur Saint-Véran s’enchaînent.
Au loin, j’aperçois ce village de montagne qui semble presque posé au milieu des sommets. Saint-Véran est d’ailleurs souvent présenté comme la commune la plus haute d’Europe.
Alors, est-ce vraiment le cas ?
D’après mes recherches, certains disent que oui et d’autres non. Mais une chose est sûre : avec son village situé à environ 2 040 mètres d’altitude, Saint-Véran mérite largement sa réputation de village de haute montagne !

Je descends tranquillement, profitant une dernière fois des paysages avant de rejoindre les premières habitations. Et c’est là qu’une magnifique surprise m’attend.
À l’entrée de Saint-Véran, je remarque plusieurs marmottes. Et pas seulement une ou deux. Il y en a partout ! Certaines sont tranquillement installées dans l’herbe, d’autres se déplacent à quelques mètres de moi.
Je m’arrête immédiatement pour les observer. J’ai déjà eu l’occasion de voir des marmottes au cours de mes précédentes treks dans les Alpes, mais jamais d’aussi près.

Elles semblent parfaitement à l’aise et me laissent profiter de ce spectacle exceptionnel. Je reste là un bon moment, fasciné par ces petites boules de poils. Franchement, quel accueil !
Après cette première journée de randonnée sur le GR58, je ne pouvais pas rêver mieux pour mon arrivée à Saint-Véran.
Mais il est maintenant temps de rejoindre mon hébergement pour la nuit. Et croyez-moi, la soirée va être tout aussi mémorable.
Pour cette première nuit sur le GR58, Tour du Queyras, j’ai réservé au gîte de l’Estoilis, à Saint-Véran.

Et quelle belle découverte !
Dès mon arrivée, je suis accueilli par des propriétaires adorables, dans une ambiance chaleureuse et conviviale. On me propose un apéritif maison. Et comme si cela ne suffisait pas, le gîte possède une mascotte pour le moins originale : une petite pie ! Une véritable petite chipie qui veut terminer mon verre. Je ne m’attendais vraiment pas à ça !

Après ce moment de convivialité, je dépose mes affaires dans ma chambre et file prendre une bonne douche.
Mais le meilleur reste à venir. Parce que maintenant, c’est l’heure de passer à table. Et autant vous prévenir tout de suite : je ne suis pas venu dans le Queyras pour faire un régime !
Le dîner commence avec une délicieuse quiche en entrée. Puis arrive le plat principal : un bœuf de pays mijoté à l’estragon. Un vrai régal. La viande est savoureuse, la sauce excellente et, après cette première journée de marche, je dévore littéralement mon assiette. Je crois même que j’aurais facilement pu en reprendre une deuxième. Désolé, c’est mon côté gourmand !

Et ce n’est pas terminé. Le repas se poursuit avec un plateau de fromages, avant de se conclure par un délicieux biscuit de Savoie.
Autant vous dire qu’à la fin du dîner, je n’ai absolument plus faim.
Entre l’accueil des propriétaires, l’ambiance du gîte et cet excellent repas, cette première soirée restera un très beau souvenir de mon GR58 Tour du Queyras.
Si vous cherchez un hébergement à Saint-Véran pendant votre GR58, je vous recommande à 100 % le gîte de l’Estoilis, où j’ai passé une excellente soirée.
La journée touche maintenant à sa fin. Je rejoins ma chambre, prêt à m’endormir après ces premières heures de marche.
Je ne sais pas encore ce que les six prochains jours me réservent, ni comment je vais vivre cette aventure en solitaire. Mais ce soir, une chose est certaine : je suis heureux d’être ici.
Pour l’instant, il est temps de fermer les yeux et de profiter d’une bonne nuit de sommeil.
L’aventure ne fait que commencer.
Jour 2 : Saint Véran – Refuge Agnel
Aujourd’hui, je poursuis mon aventure sur le GR58, le Tour du Queyras, avec une deuxième étape qui va me conduire de Saint-Véran au refuge Agnel.
Je quitte le gîte et prends la direction du centre de Saint-Véran. Avec sa petite église, ses magnifiques chalets traditionnels et ses toits en ardoise, ce village a vraiment beaucoup de charme. Je prends le temps de traverser ses petites rues et d’admirer les maisons avant de poursuivre mon chemin.

Puis, je laisse les dernières habitations derrière moi. Je m’engage sur un large chemin qui longe le torrent.
Et là, quel bonheur ! Le sentier est facile, agréable et le soleil est toujours au rendez-vous. Décidément, j’ai vraiment de la chance avec la météo. Je marche tranquillement, accompagné par le bruit de l’eau qui coule à quelques mètres de moi.
Et surtout, il n’y a personne. Pas un randonneur à l’horizon. Juste moi, mon sac à dos, les montagnes et le bruit du torrent. Cela faisait tellement longtemps que je ne l’avais pas ressentie cette liberté.
En poursuivant mon chemin, je découvre plusieurs endroits qui donnent vraiment envie de poser sa tente. Il y a même de l’eau potable, des tables et des bancs. Franchement, c’est vraiment agréable de trouver ce genre d’aménagements sur le GR58, Tour du Queyras.

Aujourd’hui, j’ai prévu de faire un détour. Et croyez-moi, il vaut vraiment le coup. Je quitte temporairement le GR58 pour prendre la direction du lac de la Blanche.
Après quelques efforts, j’arrive enfin au lac de la Blanche.
Et quelle belle découverte ! Un joli lac de montagne, entouré de sommets, dans un cadre absolument magnifique. Je m’arrête quelques instants pour admirer le paysage.

Mais je dois bien vous avouer quelque chose. Si j’ai décidé de faire ce détour, ce n’est pas uniquement pour le lac. Il y a aussi une autre raison. La fameuse tarte aux myrtilles du refuge de la Blanche ! Impossible de passer à côté.
Je rejoins le refuge de la Blanche, où je suis très bien accueilli par le propriétaire. Je commande évidemment une part de tarte aux myrtilles. Et pour accompagner tout ça, il me propose également sa limonade maison.
Je m’installe tranquillement et savoure le tous avec une vue magnifique sur le lac. Franchement, que demander de plus ?

Mais je sais aussi que la journée est loin d’être terminée. Il me reste encore une belle montée pour rejoindre le col de Saint-Véran, perché à 2 844 mètres d’altitude.
Ce sera le col le plus haut que je franchirai pendant mon GR58 Tour du Queyras en 7 jours.
Alors, après cette pause gourmande, il est temps de se remettre en route.
Je quitte le refuge de la Blanche et poursuis mon ascension en direction du col de Saint-Véran. J’atteins enfin le col de Saint-Véran. Et là… Je prends littéralement une claque visuelle.
Devant moi, un panorama absolument incroyable s’ouvre sur la vallée italienne. Les montagnes s’étendent à perte de vue et je ne sais même plus où regarder. C’est magnifique.
Mais il y a aussi une autre chose qui me frappe immédiatement. Le vent ! Et pas un petit vent agréable qui vient vous rafraîchir après une montée. Non, un vent de fou !

Mais je ne compte pas m’arrêter là. Car juste à côté du col, un sommet me fait de l’œil. Le pic de Caramantran. Et puisque je suis déjà là, autant aller voir ce qui se passe un peu plus haut ! Je quitte temporairement mon itinéraire pour prendre le sentier en direction du pic de Caramantran.
L’objectif est simple : atteindre les 3 021 mètres d’altitude et profiter du panorama depuis le sommet. Mais attention, cette montée n’est pas une promenade de santé.
Le sentier devient difficile et certains passages sont vertigineux. Il faut rester concentré, bien regarder où l’on pose les pieds et ne surtout pas se précipiter.
J’arrive enfin au sommet à 3 021 mètres. Et là… Quelle vue ! Un panorama à 360 degrés sur les montagnes du Queyras et les sommets italiens. J’ai l’impression d’être tout petit au milieu de ces montagnes.

Après cette belle ascension, je retrouve le GR58 Tour du Queyras et commence à descendre. Et au loin, j’aperçois enfin le refuge Agnel. Ma destination du jour !
J’arrive enfin au refuge Agnel. Il est temps de poser le sac et de profiter d’un peu de repos. Et comme souvent après une bonne journée de randonnée, j’ai une petite idée en tête. Un apéro !

Dès mon arrivée au refuge Agnel, je suis une nouvelle fois très bien accueilli. Je décide de m’installer en terrasse pour profiter de la vue sur les montagnes. Et pour accompagner ce moment, je commande un petit Monaco.
Je profite de cette pause avant de rejoindre mes quartiers pour la nuit. Et là, je découvre un refuge immense. Il faut dire que le refuge Agnel peut accueillir beaucoup de randonneurs.

On nous demande de laisser nos affaires dans une salle commune. Il faut également passer notre drap de soie à la vapeur, car il y avait des punaises de lit les jours précédents.
Pas vraiment la nouvelle que l’on a envie d’entendre en arrivant dans un refuge ! Mais bon, je respecte les consignes et je m’installe tranquillement.
Maintenant, place à la douche. Et là… Une file d’attente digne de Disneyland Paris ! Il faut dire qu’avec seulement deux douches pour environ 80 personnes, ça se comprend.
Je prends donc mon mal en patience. Dix minutes. Vingt minutes. Et finalement, après environ trente minutes d’attente, c’est enfin mon tour.
Mais attention, ici, on ne traîne pas sous l’eau chaude. J’ai deux minutes. Top chrono ! Autant vous dire que je ne vais pas prendre le temps de chanter sous la douche. Et ça fait un bien fou.
Je rejoins la salle à manger du refuge Agnel et m’installe à table. Et ce soir, je fais la connaissance de deux personnes avec qui le courant passe bien.
On discute, on échange sur nos randonnées et on partage un très bon moment. C’est aussi ça que j’aime dans les refuges.
Côté repas, on se régale ! On commence avec une bonne soupe maison en entrée. Puis arrive un gratin de pommes de terre accompagné de jambon maison. Un repas simple, généreux et exactement ce qu’il me faut après cette deuxième journée de marche.
Je profite de ce moment convivial avant de rejoindre le dortoir. Maintenant arrive une étape que je redoute particulièrement lorsque je dors en refuge. La nuit. Je dois bien vous avouer quelque chose. J’ai le sommeil extrêmement léger. Et lorsque je dors en refuge, il y a une chose qui me fait particulièrement peur. Les ronflements !
Parce qu’entre les personnes qui ronflent, celles qui bougent dans leur lit et celles qui se lèvent au milieu de la nuit, dormir en dortoir peut parfois devenir une véritable aventure.
Je m’installe donc dans mon drap de soie, je ferme les yeux et j’espère que tout va bien se passer. Et là… Miracle ! Personne ne ronfle. Je passe finalement une bonne nuit.
Comme quoi, tout arrive !
Jour 3 : Du refuge Agnel à Ristolas, les plus beaux lacs du Tour du Queyras
C’est partie pour cette troisième journée sur le GR58, le Tour du Queyras. Aujourd’hui, je vais découvrir deux lacs: le lac Foréant et le lac Égorgéou.
Je quitte le refuge Agnel et commence à monter en direction du col Vieux, au pied du Pain de Sucre, l’un des sommets emblématiques du Queyras.

Le soleil est encore au rendez-vous. Depuis mon départ de Ceillac, j’ai vraiment de la chance avec la météo !
J’arrive au col Vieux. Je lève les yeux et, en contrebas, j’aperçois le lac Foréant. Je m’arrête net. Devant moi, un lac d’un bleu exceptionnel, entouré de montagnes.
Je savais que cette étape du GR58 Tour du Queyras était réputée pour ses lacs, mais je ne m’attendais pas à une vue pareille. Et dire que la journée ne fait que commencer !

Je pose mon sac quelques instants pour admirer le panorama depuis le col Vieux.
Évidemment, je sors aussi ma caméra, l’Insta360 X5, pour garder un souvenir de ce paysage. Elle me permet de filmer facilement mes aventures sans passer mon temps à régler mon matériel. Si vous aimez vous aussi rapporter des images de vos randonnées, c’est une caméra que je vous conseille. Je prends quelques vidéos, puis je la range.
Je commence à descendre en direction du lac Foréant. À chaque pas, je le découvre un peu plus. Son bleu ressort au milieu des montagnes et je m’arrête régulièrement pour profiter des différents points de vue. Et une nouvelle fois, il n’y a personne sur le sentier.
Je suis seul avec mon sac à dos, au milieu de ce paysage. Je finis par rejoindre le lac et décide de m’y arrêter un bon moment.
Je m’installe face à l’eau, je repense naturellement à cette dernière année. Une année difficile sur le plan personnel, avec beaucoup de changements. Je réfléchis à ce que j’ai vécu, à mes projets et à ce que j’aimerais construire pour la suite.

Et en regardant ce lac, je prends conscience de quelque chose. Dans notre quotidien, on passe beaucoup de temps à courir. On court après l’argent, après nos objectifs, après les heures qui défilent. On se dit qu’on sera heureux quand on aura obtenu ceci ou réussi cela. Et pendant ce temps, on oublie parfois de profiter de ce qui est déjà là.
Pourtant, à cet instant précis, assis au bord du lac, je me sens bien. Je réalise que le bonheur ne se résume pas à ce que l’on gagne ou à ce que l’on possède. Il se trouve aussi dans ces moments tout simples où l’on prend enfin le temps de vivre.
Et je crois que c’est l’une des raisons pour lesquelles j’aime autant partir en randonnée. Marcher plusieurs jours en montagne me permet de me déconnecter du quotidien. La nature m’aide à ralentir. Elle me rappelle qu’on peut passer un moment extraordinaire sans avoir besoin de grand-chose.
Bien sûr, j’ai toujours des projets et des ambitions. Je n’ai pas envie d’y renoncer. Mais je n’ai pas non plus envie de passer ma vie à courir après eux au point d’oublier de profiter du chemin.
Je finis par remettre mon sac sur les épaules. Un autre lac m’attend un peu plus bas sur le GR58, le lac Égorgéou. Il est lui aussi magnifique.

Mais mon estomac finit par me rappeler qu’il est l’heure de manger. Et avec une vue pareille, je crois que j’ai trouvé l’endroit parfait pour ma pause déjeuner. Je pose mon sac et sors le pique-nique que j’ai récupéré au refuge Agnel. Au menu : du taboulé, du pain et, bien sûr, un fromage de la région.
Et franchement, quel régal ! Le taboulé est l’un des meilleurs que j’ai mangés. Mais ce qui rend ce repas si particulier, c’est surtout l’endroit.

Je profite encore un peu de la vue, puis je range mes affaires. Il me reste de la descente avant de rejoindre les environs de Ristolas. Et ce soir, changement d’ambiance : après deux nuits en hébergement, je vais retrouver ma tente.
Je m’arrête donc avant Ristolas pour passer la nuit en bivouac.
Jour 4 : De Ristolas à Aiguilles, changement de plan et lacs du Malrif
Cette quatrième journée sur le GR58, le Tour du Queyras en 7 jours, ne va pas vraiment se dérouler comme prévu. Durant la nuit, les orages ont éclaté et la pluie s’est invitée à la fête. Au réveil, la météo m’oblige donc à revoir mes plans et à trouver un plan B.

À l’origine, j’avais prévu de passer par les crêtes de Gilly. Un passage magnifique, mais à découvert. Avec les orages de la nuit et la pluie qui continue de tomber, pas question de prendre des risques.
En montagne, il faut parfois savoir renoncer.
Je vais rester dans la vallée, rejoindre Abriès, puis retrouver le GR58 Tour du Queyras pour monter jusqu’aux magnifiques lacs du Malrif avant de terminer cette quatrième étape à Aiguilles.

Je remballe mon bivouac après cette nuit particulièrement humide et me mets en route. Je suis forcément un peu déçu.
Je longe le ruisseau en direction d’Abriès, avec une journée qui commence plus tranquillement que ce que j’avais imaginé. Mais j’ai également un autre petit problème à régler.
Je n’ai rien prévu pour mon déjeuner.
J’ai oublié de faire le plein de provisions et je compte donc sur mon passage à Abriès pour acheter de quoi manger. Pas très grave. Il doit bien y avoir une supérette dans le village.
Enfin… normalement.
J’arrive progressivement à Abriès et ma première mission est très simple : trouver quelque chose à manger. Je me dirige directement vers la supérette.
Dans ma tête, je commence déjà à réfléchir à ce que je vais pouvoir acheter pour mon pique-nique.
J’arrive devant le magasin. Fermé. Ah. Je regarde une deuxième fois, comme si la porte allait miraculeusement s’ouvrir.
Non. Et merde.
Je n’ai absolument rien à manger pour midi.
Ce n’est évidemment pas dramatique, mais lorsque vous savez qu’une belle montée vous attend et que vous n’avez rien prévu pour le déjeuner, ce n’est pas vraiment la surprise dont vous rêvez !
Tant pis. Je ferai avec.
Direction maintenant l’un des endroits que j’attends particulièrement sur cette étape : les lacs du Malrif. En quittant Abriès, le sentier commence tranquillement à prendre de l’altitude.
Mais, un peu plus haut, j’aperçois quelque chose sur le sentier. Un troupeau de moutons. Et qui dit troupeau de moutons en montagne… Dit potentiellement patous.

Je ralentis immédiatement. Je regarde le troupeau de loin et j’aperçois effectivement plusieurs chiens de protection. Ils sont quatre. Et ils sont plutôt imposants.
Évidemment, comme par hasard, le troupeau se trouve en plein milieu du sentier. Je m’arrête donc à bonne distance pour observer la situation. Pas question de foncer au milieu du troupeau.
Je réfléchis quelques instants à la meilleure façon de passer et décide finalement de m’écarter largement du sentier pour contourner les moutons en gardant le plus de distance possible.
Je commence à avancer doucement. Les chiens m’ont repéré. Ils aboient. Autant vous dire que lorsque quatre gros chiens de protection commencent à aboyer dans votre direction, vous surveillez attentivement ce qu’ils font !
Je continue mon détour en restant le plus loin possible du troupeau. Les patous aboient toujours… Mais heureusement, ils ne s’approchent pas. Je continue à avancer jusqu’à m’éloigner progressivement.
Ouf. Je dois bien avouer, j’ai eu chaud !
Maintenant, il ne me reste plus qu’à terminer cette montée. Parce que la récompense se trouve juste au-dessus. Après les derniers efforts, j’arrive enfin aux lacs du Malrif. Et immédiatement, j’oublie presque la montée, la supérette fermée et les quatre patous.
Le premier que je découvre est le Grand Laus. Et il porte plutôt bien son nom. C’est le plus imposant des trois lacs, posé au milieu de la montagne.

Je m’arrête quelques instants. Encore une fois, le Queyras me surprend. Après les lacs Foréant et Égorgéou de la veille, je pensais avoir déjà été particulièrement gâté.
Et pourtant, me voilà devant un nouveau décor exceptionnel. Je poursuis ma découverte des lieux et aperçois également le lac Mézan, puis le Petit Laus.
Les lacs du Malrif font clairement partie des endroits que je retiendrai de mon GR58 Tour du Queyras en 7 jours.
Je poursuis ma descente jusqu’à rejoindre Aiguilles, qui marque la fin de cette quatrième journée sur le GR58.
Demain, une nouvelle étape du GR58 Tour du Queyras m’attend. Et après quatre jours sur les sentiers, je n’ai surtout pas envie que cette aventure passe trop vite.
Jour 5 : D’Aiguilles à Souliers, une étape tranquille et de belles rencontres
Après les aventures de la veille, cette cinquième journée sur le GR58, le Tour du Queyras en 7 jours, s’annonce plus tranquille. Et finalement, ça fait du bien aussi.
Aujourd’hui, je vais simplement prendre mon temps et rejoindre le petit village de Souliers, où je passerai la nuit au gîte de Grand Rochebrune. Le début de cette étape du GR58 Tour du Queyras est particulièrement agréable. Je marche sur un chemin large et très roulant qui permet d’avancer facilement sans trop réfléchir.

Le sentier traverse notamment de beaux passages en forêt qui changent complètement des paysages beaucoup plus ouverts et montagneux des journées précédentes.
Mais évidemment, nous sommes quand même sur le GR58 Tour du Queyras. Il fallait bien que ça monte à un moment ! Après cette première partie plutôt tranquille, une belle montée m’attend. Une fois arrivé en haut, je lève la tête. Et là, au loin, j’aperçois de gros nuages gris. Ça ne sent pas très bon.

Il me reste encore toute la descente jusqu’à Souliers et, surtout, je dois monter ma tente en arrivant au gîte. Et autant vous dire que je n’ai absolument aucune envie de faire ça sous une pluie battante ! Alors je ne traîne pas.
Je presse le pas et entame rapidement la descente en direction de Souliers. Plus j’avance, plus je garde un œil sur le ciel. Les nuages sont toujours là.
Et je sais qu’en montagne, lorsque le ciel commence à prendre cette couleur, mieux vaut ne pas perdre trop de temps.
J’arrive finalement au gîte de Grand Rochebrune, où je suis très bien accueilli. Mais avant de faire quoi que ce soit, j’ai une priorité. Monter ma tente ! Je m’installe donc directement et prépare toutes mes affaires pour la nuit.
Quelques minutes plus tard… La pluie commence à tomber. Et pas une petite averse. Une pluie digne des tropiques s’abat sur Souliers !
Je regarde dehors et je me dis que j’ai vraiment bien fait de ne pas traîner. Ma tente est montée, mes affaires sont à l’abri et moi… Je suis bien au chaud dans le gîte.
Avec devant moi, devinez quoi ? Une tarte aux myrtilles ! Décidément, ça devient une habitude sur ce GR58 Tour du Queyras. Mais que voulez-vous, c’est mon péché mignon !

Je savoure ma part tranquillement pendant que la pluie tombe dehors. Et à cet instant, je suis quand même plutôt content de mon timing.
En montagne, la météo peut évoluer rapidement. Quand vous voyez de gros nuages gris arriver au loin, mieux vaut rester attentif et anticiper plutôt que d’attendre les premières gouttes pour réagir.
Et aujourd’hui, ça n’a pas loupé !
Une fois bien installé, je peux enfin profiter de la soirée.
Et ce soir encore, je vais faire de belles rencontres. Je fais notamment connaissance avec un Parisien ainsi qu’avec des Marseillaises. Et avec elles, impossible de s’ennuyer ! Elles sont drôles, pleines d’énergie et surtout avec une vraie joie de vivre.
On discute, on rigole et je passe tout simplement une excellente soirée. C’est quelque chose que je commence vraiment à apprécier dans cette aventure. Je marche seul pendant la journée, mais le soir, je rencontre des personnes que je n’aurais probablement jamais croisées dans ma vie quotidienne.
C’est aussi ça, la magie des gîtes et des refuges.
Et finalement, je me rends compte que partir seul sur le GR58 Tour du Queyras ne signifie absolument pas être seul pendant sept jours. Bien au contraire.
Après cinq jours de randonnée, vous commencez à me connaître : la nourriture occupe une place assez importante pour moi ! Et ce soir, je vais encore être gâté.
Le conjoint de la propriétaire est portugais et nous prépare un plat à base de viande et de chorizo. Et alors là… Une véritable tuerie ! Un plat généreux, plein de goût et exactement ce dont j’ai envie après une journée de marche.
Je me régale. Entre ce repas, l’accueil adorable de la propriétaire et l’ambiance autour de la table, je passe une excellente soirée au gîte de Grand Rochebrune.

Et je me rends compte que depuis mon départ de Ceillac, certains de mes meilleurs souvenirs ne viennent pas uniquement des paysages.
Bien sûr, je me souviendrai des sommets, des cols et de tous ces lacs incroyables. Mais je me souviendrai aussi de ces soirées. Des personnes rencontrées par hasard. Des discussions autour d’une table. Des fous rires.
Finalement, ce sont aussi tous ces petits moments imprévus qui font la beauté d’un trek.
Il est temps d’aller dormir. Demain sera déjà mon sixième jour sur le GR58 Tour du Queyras.
Et plus les journées passent, plus je réalise que la fin de cette aventure approche.
Jour 6 : De Souliers au refuge de Furfande, une montée interminable
Après une bonne nuit au gîte de Grand Rochebrune, il est temps d’attaquer cette sixième journée sur le GR58 Tour du Queyras en 7 jours. Et aujourd’hui, changement ! Je ne vais pas marcher seul. Je retrouve les personnes rencontrées la veille au gîte et nous décidons de faire cette étape ensemble.

Quand je repense à mon départ de Ceillac et à ma peur de passer sept jours seul, ça me fait presque sourire. Depuis, j’ai appris à apprécier mes moments de solitude, mais j’ai aussi fait de très belles rencontres. Et aujourd’hui, c’est donc accompagné que je reprends le sentier.
Direction le col du Tronchet
Nous quittons Souliers et commençons par suivre un sentier qui longe le ruisseau. La journée démarre tranquillement. Puis, progressivement, le sentier commence à monter en direction du col du Tronchet. Nous prenons de l’altitude à travers la forêt avant de finalement atteindre le col.

Une fois au col du Tronchet, il est maintenant temps de redescendre en direction de Brunissard. Et pendant la descente, quelque chose me frappe. Les montagnes qui m’entourent me rappellent énormément les Dolomites.

J’ai déjà eu la chance de randonner là-bas et, pendant quelques instants, j’ai presque l’impression d’y être retourné. Je profite du paysage tout en continuant tranquillement ma descente.
Le sentier redevient ensuite beaucoup plus calme et longe une nouvelle fois le ruisseau. Mais évidemment, la tranquillité ne va pas durer éternellement !
Un passage par la crête de l’Échelle
Une nouvelle montée m’attend maintenant en direction de la crête de l’Échelle.
Rien d’insurmontable, mais après plusieurs jours de marche, les jambes commencent forcément à accumuler un peu de fatigue. Une fois la montée terminée, il faut redescendre de l’autre côté. Et cette fois, la pente est assez raide.
Je descends prudemment en faisant attention à l’endroit où je pose les pieds. Je suis surtout content qu’il fasse beau. Parce que sous la pluie, avec un terrain humide et glissant, cette descente pourrait être beaucoup plus compliquée.
Mais aujourd’hui, les conditions sont bonnes et nous passons sans problème. Je ne le sais pas encore, mais la partie la plus difficile de cette sixième journée m’attend juste après.
Et elle va me paraître très, très longue.
Une montée interminable vers le col de Furfande
Je commence maintenant l’ascension en direction du col de Furfande. Au début, tout va bien. Je prends mon rythme et continue à avancer. Mais la montée continue. Encore. Et encore. Et encore.

À chaque fois que j’ai l’impression d’approcher de la fin, je découvre qu’il reste encore du chemin. Mais elle va se terminer quand cette montée ?
Je continue à avancer, mais franchement… Je n’en peux plus. Cette montée me paraît interminable. À ce moment-là, je ne pense même plus vraiment au paysage. Mon seul objectif est d’arriver là-haut.
Alors je continue. Un pas. Puis un autre. Et encore un autre. Jusqu’à finalement apercevoir la fin de cette montée. J’arrive enfin au col de Furfande.
Et là… Je comprends immédiatement pourquoi j’ai fait tous ces efforts.
La récompense au col de Furfande
Devant moi s’ouvre un panorama exceptionnel. Après cette montée qui m’a paru interminable, je m’arrête quelques instants pour simplement regarder autour de moi. Je profite du panorama avant de remettre une nouvelle fois mon sac sur les épaules.

Cette fois, bonne nouvelle : Ça descend !
Dernière descente vers le refuge de Furfande
Je commence la dernière descente de la journée en direction du refuge de Furfande. Après cette interminable montée, autant vous dire que je suis plutôt content de ne plus avoir à grimper ! Le paysage change une nouvelle fois et je croise les vaches qui occupent tranquillement les alpages. Progressivement, j’aperçois enfin le refuge.

Ma destination du jour. Et après cette journée, une chose est certaine : je l’ai mérité, celui-là !J’arrive au refuge de Furfande et pose enfin mon sac.
Maintenant, vous commencez à connaître mon petit rituel. Apéro obligatoire ! Et évidemment… La fameuse tarte aux myrtilles. Encore. À ce stade du Tour du Queyras, je crois que je pourrais presque faire un classement des meilleures tartes aux myrtilles du GR58 !

Mais après cette montée jusqu’au col de Furfande, je peux vous garantir qu’elle fait particulièrement plaisir.
Une nuit glaciale à 2 300 mètres d’altitude
Après cette pause bien méritée, il est temps de préparer ma dernière nuit en montagne. Ce soir, je vais une nouvelle fois dormir sous ma tente. Je l’installe juste à côté du refuge de Furfande, à environ 2 300 mètres d’altitude.
Et quand je regarde l’endroit où je vais passer la nuit, je réalise surtout une chose. Demain sera déjà mon dernier jour sur le GR58 Tour du Queyras.
Six jours plus tôt, je quittais Ceillac avec une certaine appréhension à l’idée de partir seul pendant une semaine.
Depuis, j’ai franchi des cols, atteint un sommet à plus de 3 000 mètres, découvert des lacs magnifiques, marché seul pendant des heures, affronté les imprévus de la météo et rencontré des personnes que je ne connaissais absolument pas quelques jours auparavant.
Et maintenant, me voilà à 2 300 mètres d’altitude, devant ma tente, à quelques heures seulement de ma dernière étape.
Mais avant de penser à demain…Il est temps de manger ! Comme depuis le début de mon Tour du Queyras, le repas au refuge est très bon et je profite de cette dernière soirée avant de rejoindre ma tente.
La fatigue de la journée commence sérieusement à se faire sentir. Alors cette fois, pas besoin de réfléchir longtemps. Je me glisse dans mon couchage. Il est temps de faire dodo.
Demain, ce sera déjà la dernière journée de cette aventure.
Jour 7 : Du refuge de Furfande à Ceillac, la fin de mon Tour du Queyras
Cette fois, nous y sommes. Dernier réveil sur le GR58 Tour du Queyras. Et autant vous dire que la nuit n’a pas été de tout repos. Il a fait froid. Très froid.
Les températures sont descendues sous zéro pendant la nuit. La veille, il avait même neigé dans le secteur, alors à 2 300 mètres d’altitude, je savais que la nuit risquait d’être compliquée. J’ai dormi avec ma doudoune et mon quilt dont la température de confort est de 0 °C. Et cette nuit, j’étais clairement à la limite. Je n’ai donc pas passé ma meilleure nuit du trek !
Mais maintenant, il faut sortir du couchage, ranger les affaires et reprendre une dernière fois le GR58 Tour du Queyras.
Aujourd’hui, je retourne à Ceillac. La boucle va se refermer. Je quitte le refuge de Furfande et commence à redescendre progressivement dans la vallée. Sur cette dernière étape, environ 1 700 mètres de dénivelé négatif m’attendent. Et pour moi, ce n’est pas forcément une bonne nouvelle.

J’ai régulièrement des problèmes aux genoux et, depuis le début de mon Tour du Queyras, cette dernière grosse descente est quelque chose que j’appréhende.
Après six jours de marche, la fatigue s’est accumulée et je ne sais pas vraiment comment mes genoux vont réagir. Alors je ne cherche pas à aller vite. Je prends mon temps. Je descends tranquillement, à mon rythme, en faisant attention à mes appuis.

Et finalement… Tout se passe bien. Les mètres de dénivelé négatif s’enchaînent sans que mes genoux ne me posent réellement de problème. Je continue ainsi jusqu’à atteindre le pont de Bramousse. Et à ce moment-là, je sais ce qui m’attend.
Il reste une dernière grosse difficulté avant Ceillac. Et franchement, je m’en serais bien passé !
La montée la plus difficile de mon Tour du Queyras
C’est parti pour la montée vers le col de Bramousse. Sur le papier, ce n’est peut-être pas la montée qui m’aurait le plus impressionné au début de mon GR58 Tour du Queyras.
Mais aujourd’hui, nous sommes au septième jour. J’ai six journées de marche dans les jambes. Je viens de passer une nuit compliquée à cause du froid. Et surtout…Je n’ai plus beaucoup de jus.
Je commence à monter. Et très rapidement, je comprends que ça va être long. Très long. Mes jambes sont lourdes et je sens toute la fatigue accumulée depuis mon départ de Ceillac.

Je monte quelques centaines de mètres. Je m’arrête. Je reprends mon souffle. Puis je repars. Quelques minutes plus tard, nouvelle pause. Je regarde devant moi et j’ai l’impression que ce col ne veut jamais arriver. Cette montée me paraît interminable.
Je ne cherche même plus à tenir un rythme particulier. Je veux simplement avancer. Alors je continue. Pas après pas. Pause après pause. Je sais qu’il s’agit de ma dernière grosse montée du Tour du Queyras.
Et finalement… J’arrive au col de Bramousse. Ça y est. Cette fois, le plus dur est derrière moi. Il ne me reste plus qu’à redescendre vers Ceillac.
Les derniers kilomètres du GR58
Je commence ma dernière descente. Et forcément, quelque chose est différent. Je sais que cette aventure touche à sa fin. À chaque pas, je me rapproche un peu plus de l’endroit où tout a commencé sept jours auparavant.
Je continue à descendre. Et progressivement, les émotions commencent à monter. Je repense au départ. À ce moment où j’ai récupéré mon sac dans le coffre de ma voiture sans vraiment savoir comment j’allais vivre cette semaine seul.
À cette peur de la solitude. Aux premières heures de marche. Puis je repense à tout ce qui s’est passé depuis.
- Le col des Estronques.
- Saint-Véran et ses marmottes.
- Le lac de la Blanche et cette première tarte aux myrtilles.
- Le pic de Caramantran à plus de 3 000 mètres.
- Le lac Foréant.
Ces moments où je me suis simplement assis pour regarder les montagnes et réfléchir à ma vie.
- Les lacs du Malrif.
- Les patous.
- Les orages.
- Les rencontres dans les gîtes.
- Les repas partagés avec des inconnus qui, pendant quelques heures, sont devenus mes compagnons d’aventure.
- Cette interminable montée vers Furfande.
- Le froid de cette dernière nuit.
Tout me revient. Et plus je descends, plus je réalise que c’est bientôt terminé. Et soudain, au loin, j’aperçois quelque chose que je reconnais immédiatement. L’église de Ceillac.

Cette même église que j’avais vue sept jours plus tôt au début de mon aventure. Sauf que cette fois, je ne ressens absolument pas la même chose. Je m’arrête quelques instants. Je regarde Ceillac en contrebas.
Et les émotions prennent complètement le dessus. Les larmes commencent à couler. Je ne cherche même pas à les retenir. Parce qu’à cet instant, je réalise vraiment ce que je viens de faire. J’ai fait le Tour du Queyras seul en 7 jours.
Sept jours à marcher dans les montagnes alors que, quelques jours auparavant, je me demandais encore si j’allais réussir à supporter cette solitude. Et surtout, cette aventure arrive après une année particulièrement difficile pour moi sur le plan personnel.
Alors forcément, beaucoup de choses remontent à cet instant. Je regarde Ceillac et je me pose presque la question : Comment j’ai fait pour faire tout ça ?
Mais je l’ai fait. Et je crois que c’est surtout ça qui me bouleverse. Je l’ai fait. Je termine les derniers mètres de cette descente avec les larmes aux yeux.
Je pourrais vous parler encore une fois de la beauté du Queyras, des montagnes, des lacs ou des paysages. Mais à cet instant, ce n’est même plus vraiment ce qui compte.
Je ressens surtout une immense fierté. Je suis fier de moi.
- Fier d’être parti malgré mes appréhensions.
- Fier d’avoir continué lorsque c’était difficile.
- Fier d’avoir passé ces sept jours seul.
- Et fier d’avoir filmé toute cette aventure pour pouvoir en garder une trace et la partager aujourd’hui avec vous.

Quelques minutes plus tard, je retrouve enfin le parking. Et ma voiture. La boucle est bouclée. Je retire une dernière fois mon sac de mes épaules et pose mes affaires dans le coffre.
Cette fois… Mon GR58 Tour du Queyras en 7 jours est terminé.
Je reprends la route pour rentrer chez moi. Et pendant le trajet, je repense à ces sept derniers jours. Et dans une année personnellement difficile, je crois que j’avais besoin de ça.
J’avais besoin de me retrouver seul avec moi-même.
Et une question commence déjà à me traverser l’esprit : À quand la prochaine aventure ?
Je ne sais pas encore quelle sera ma prochaine aventure. Mais une chose est certaine.
Ce ne sera pas la dernière.
