Quand on prépare une randonnée ou quand on hésite entre plusieurs parcours, il y a toujours la même question qui revient : Est-ce que cette randonnée est vraiment faite pour moi ?
Et soyons honnêtes : ce n’est pas toujours évident d’y répondre.
Par exemple, laquelle de ces deux randonnées vous semble la plus facile ?
- 10 km avec 700 m de dénivelé positif et 400 m de dénivelé négatif
- 7 km avec 850 m de dénivelé positif et 300 m de dénivelé négatif
À première vue, c’est compliqué à dire. C’est justement là qu’intervient une notion très utile en randonnée : le kilomètre effort.
Dans cet article, nous allons voir ensemble, qu’est ce qu’est le kilomètre effort en randonnée, à quoi il sert concrètement. Et comment calculer le km effort, simplement, sans se prendre la tête.
J’ai créé une formation complète dans laquelle je vous explique tout sur les cartes IGN et comment créer, analyser et préparer vos randonnées pas à pas.
L’objectif :
👉 savoir si une randonnée est adaptée à votre niveau,
👉 correspond à vos envies,
👉 et éviter les mauvaises surprises sur le terrain.
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1/ Le km effort en randonnée : pourquoi la distance seule ne suffit pas
Quand on débute en randonnée, on regarde presque toujours la distance en kilomètres.
C’est normal : c’est simple et facile à comparer. Mais ce que l’on oublie souvent, c’est le dénivelé en randonnée.
Eh oui, marcher 15 km sur du plat n’a absolument rien à voir avec marcher 15 km en montagne.
Et c’est pour cette raison qu’il faut toujours prendre en compte :
- le dénivelé positif cumulé (toutes les montées additionnées),
- et le dénivelé négatif cumulé (toutes les descentes).
Bonne nouvelle : aujourd’hui, toutes les applications de randonnée font ces calculs automatiquement pour vous.
Sur des sites comme Visorando, par exemple, vous trouverez toujours :
- la distance en kilomètres,
- le dénivelé positif (D+),
- le dénivelé négatif (D-),
- parfois une durée estimée (à prendre avec précaution),
- ainsi que les altitudes minimale et maximale.
Par exemple : Prenons une randonnée en Alsace, autour des 3 châteaux de Ribeauvillé.
Sur Visorando, on retrouve par exemple :
- 7 km de distance,
- 357 m de dénivelé positif,
- 357 m de dénivelé négatif,
- une altitude minimale de 283 m,
- et une altitude maximale de 640 m.
Le problème, c’est que ces chiffres seuls ne disent pas clairement :
- si la randonnée est facile ou difficile,
- ni combien d’effort réel va-t-elle demander.
C’est exactement pour ça que le km effort randonnée a été créé.
2/ Qu’est-ce que le kilomètre effort en randonnée ?
Le principe du km effort est super simple à comprendre. Au lieu de regarder uniquement la distance réelle, on va transformer le dénivelé en kilomètres supplémentaires.
Le kilomètre effort, c’est donc :
- la distance réelle de la randonnée,
- + des kilomètres supplémentaires, qui représentent l’effort lié au dénivelé.
En additionnant les deux, on obtient une distance équivalente à l’effort, donc beaucoup plus parlante.
Ce chiffre va permettre :
- de comparer facilement plusieurs randonnées entre elles,
- et surtout d’éviter de partir sur un itinéraire trop difficile par rapport à votre niveau.
Maintenant qu’on a vu à quoi sert le Km effort, voyons comment le calculer ?
3/ Comment calculer ce fameux kilomètre effort ?
On va faire très simple. Pour calculer le km effort, il n’y a que deux formules à connaître : une pour les montées, et une pour les descentes.
Le km effort pour le dénivelé positif (les montées)
Pour les montées, la règle est très facile à retenir : Tous les 100 mètres de montée = 1 kilomètre d’effort
La formule est donc : Km effort D+ = dénivelé positif (en mètres) ÷ 100
Mais si vous ne voulez pas vous embêter avec une formule, retenez simplement ceci : le chiffre des centaines devient directement des kilomètres effort.
Exemples :
- 400 m de dénivelé positif → 4 km effort
- 700 m de dénivelé positif → 7 km effort
- 1 000 m de dénivelé positif → 10 km effort
Le km effort pour le dénivelé négatif (les descentes)
Pour les descentes, la règle est un peu différente : Tous les 400 mètres de descente = 1 kilomètre d’effort
La formule est : Km effort D- = dénivelé négatif (en mètres) ÷ 400
Là encore, il suffit de prendre le chiffre des centaines et le diviser par 4.
Exemples :
- 400 m de dénivelé négatif → 4 ÷ 4 = 1 km effort
- 800 m de dénivelé négatif → 8 ÷ 4 = 2 km effort
- 900 m de dénivelé négatif → 9 ÷ 4 = 2,25 km effort
La formule complète du kilomètre effort
Pour obtenir le kilomètre effort total d’une randonnée, on additionne :
- la distance réelle en kilomètres,
- les kilomètres effort liés au dénivelé positif,
- les kilomètres effort liés au dénivelé négatif.
Formule complète Km effort = distance (km) + (D+ ÷ 100) + (D- ÷ 400)
Voyons maintenant comment le km effort permet de comparer facilement deux randonnées.
1/ Randonnée n°1 : les 3 châteaux de Ribeauvillé

Ce parcours fait :
- 7 km de distance,
- 357 m de dénivelé positif,
- 357 m de dénivelé négatif,
- une altitude minimale de 283 m,
- et une altitude maximale de 640 m.
Pour simplifier le calcul, on arrondit les dénivelés à 400 m (les quelques mètres en plus ou en moins ne changent rien à l’analyse).
Calcul du km effort :
- Dénivelé positif : 400 m → 4 km effort
- Dénivelé négatif : 400 m → 1 km effort
Km effort total : 7 km + 4 km + 1 km = 12 km effort
2/ Randonnée n°2 : lacs du Neuweiher et de Gresson

Ce parcours fait :
- 8 km de distance,
- 410 m de dénivelé positif,
- 411 m de dénivelé négatif,
- une altitude minimale de 535 m,
- et une altitude maximale de 946 m.
On sait que la randonnée fait 8km. Là aussi, on arrondit les dénivelés à 400 m pour simplifier.
Calcul du km effort :
- Dénivelé positif : 400 m → 4 km effort
- Dénivelé négatif : 400 m → 1 km effort
Km effort total : 8 km + 4 km + 1 km = 13 km effort
3/ Comparaison des deux randonnées
- Randonnée des 3 châteaux de Ribeauvillé : 12 km effort
- Randonnée des lacs du Neuweiher et de Gresson : 13 km effort
👉 Sur le papier, grâce au km effort, on peut donc dire que la randonnée des 3 châteaux est légèrement plus facile que celle des lacs.
Bien sûr, ce n’est pas le seul critère à prendre en compte (terrain, météo, forme physique…), mais le kilomètre effort donne déjà une base très fiable pour comparer et choisir une randonnée adaptée à son niveau.
4/ Les limites du kilomètre effort
Eh bien non… le kilomètre effort n’est pas parfait.
Et c’est justement là qu’il faut bien comprendre ses limites.
Le km effort donne une bonne idée globale de la difficulté d’une randonnée.
Il est aussi très pratique pour estimer la durée de marche, à condition de connaître son rythme.
Par exemple, si vous marchez en moyenne à 4 km par heure, et que votre randonnée fait 12 km effort, le calcul est simple :
👉 12 ÷ 4 = environ 3 heures de marche.
Ça fonctionne bien dans les grandes lignes.
Mais… ce n’est pas suffisant à lui seul.
5/ Pourquoi le km effort a ses limites
Le km effort ne tient pas compte de la répartition du dénivelé.
Et ça change tout.
Prenons deux randonnées de 10 km avec 400 m de dénivelé positif et négatif :
- Dans le premier cas, le dénivelé est réparti doucement sur toute la randonnée.
- Dans le second cas, vous avez 7 km de plat, puis 3 km où tout le dénivelé est concentré, aussi bien à la montée qu’à la descente.
Sur le papier, le km effort est identique.
Mais sur le terrain, l’effort ressenti n’a rien à voir.
La deuxième randonnée sera beaucoup plus difficile, plus fatigante, et souvent plus lente.
C’est pour ça qu’il faut toujours regarder le pourcentage des pentes, en plus du km effort.
Sur notre exemple de la randonnée des lacs du Neuweiher et de Gresson, on le voit très bien sur le profil altimétrique :
👉 il y a des passages à plus de 15 % de pente.
Ce sont ces passages raides qui font vraiment la difficulté, même si le km effort semble raisonnable.
Conclusion
Le kilomètre effort est un excellent outil, mais il doit toujours être complété par :
- le profil altimétrique,
- le pourcentage de pente,
- et la répartition du dénivelé sur l’ensemble du parcours.
Et ce n’est pas tout… Il faut aussi tenir compte d’autres éléments importants :
- le type de terrain,
- la météo,
- le poids du sac,
- et bien sûr votre forme physique.
Voilà, maintenant le kilomètre effort n’a plus de secret pour vous.
Vous savez l’utiliser correctement, en comprendre les limites, et surtout comparer des randonnées intelligemment pour choisir celle qui vous convient vraiment.
À bientôt sur les sentiers,
Lionel
