Vous est-il déjà arrivé de choisir une randonnée qui semblait parfaite… Et de vous en rendre compte dès les premiers kilomètres que ce n’était finalement pas une si bonne idée ?
Sur le papier, tout semblait pourtant idéal : une belle randonnée, une distance raisonnable, de jolis paysages. Mais une fois sur le terrain, entre les montées qui n’en finissent pas et les descentes qui font mal aux jambes, la randonnée peut vite tourner au cauchemar.
Si vous vous êtes déjà reconnu dans cette situation, rassurez-vous : c’est très courant.
Et surtout, ça peut s’éviter.
C’est pour cela qu’aujourd’hui nous allons voir ensemble comment évaluer la difficulté d’une randonnée, en tenant compte de la distance, du dénivelé positif et négatif et d’autres critères.
L’objectif est simple : vous aider à choisir des randonnées adaptées à votre niveau, à votre forme physique et à vos envies.
1/ La distance en randonnée : un indicateur utile, mais pas suffisant
Quand on prépare une randonnée, la première chose que l’on regarde, c’est presque toujours la distance en randonnée, exprimée en kilomètres.
Et c’est parfaitement normal.
On se dit souvent : Plus la randonnée est longue, plus elle est difficile.
Mais dans la réalité, la distance seule ne suffit absolument pas pour juger de la difficulté d’une randonnée.
Prenons un exemple simple, voici 2 randonnées :
- une de 10 km sur terrain plat,
- et une autre de 10 km en montagne.
Sur le papier, la distance est identique. Mais sur le terrain, l’effort n’a strictement rien à voir.
En montagne, ça monte, ça descend, et parfois très raide.
C’est là que la notion de dénivelé positif et négatif en randonnée devient essentielle.
La distance d’une randonnée n’a de sens que si on l’associe au dénivelé positif et négatif.
2/ Le dénivelé en randonnée : le facteur qui change tout
Le dénivelé en randonnée est souvent le facteur qui fait passer une sortie facile à une randonnée beaucoup plus sportive.
Plus il y a de dénivelé positif et négatif, plus la randonnée sollicite :
- vos jambes,
- votre souffle,
- et aussi vos genoux, surtout dans les descentes.
Comment repérer le dénivelé sur une carte IGN
Sur une carte IGN, le dénivelé se repère grâce aux courbes de niveau. Ce sont ces lignes marron-orangé qui permettent de se représenter le relief en 3D.
La règle est simple :
- Plus les courbes de niveau sont espacées, plus la pente est douce,
- Et plus les courbes de niveau sont serrées, plus la pente est raide.
Si vous voulez en savoir plus sur les courbes de niveau, voici un article complet sur le sujet : Comment bien lire les courbes de niveau ?
Exemple : la randonnée des 3 lacs dans les Vosges
Sur la célèbre randonnée des 3 lacs, on repère très bien un passage difficile vers le lac Blanc et le col du Calvaire. Les courbes de niveau y sont très serrées : la montée va clairement faire travailler les mollets.

Pour estimer rapidement le dénivelé sans compter toutes les courbes, on peut aussi utiliser les points cotés, c’est-à-dire les chiffres d’altitude indiqués sur la carte.
Par exemple :
- On passe de 1 073 m à 1 237 m,
- soit 164 m de dénivelé positif.

Un peu plus loin, on observe également une descente marquée vers le lac du Forlet, visible de la même manière grâce aux courbes de niveau.

3/ Dénivelé positif et négatif en randonnée
Pour déterminer la difficulté d’une randonnée, on additionne toujours toutes les montées et toutes les descentes du parcours.
On parle alors de :
- dénivelé positif cumulé (D+) pour l’ensemble des montées,
- dénivelé négatif cumulé (D-) pour l’ensemble des descentes.
Voici un exemple, imaginons une randonnée avec :
- des montées de 50 m + 30 m + 80 m + 120 m → 280 m de D+,
- des descentes de 20 m + 10 m + 100 m + 120 m → 280 m de D-.

En prenant l’exemple de la randonnée des 3 lacs sur Visorando. On a :
- 425 m de dénivelé positif,
- 425 m de dénivelé négatif.
Donc pour bien évaluer la difficulté d’une randonnée, il faut toujours croiser :
- la distance de la randonnée,
- le dénivelé positif cumulé,
- le dénivelé négatif cumulé.
Si vous souhaite avoir plus d’informations sur le dénivelé, voici un article complet : https://montagnetrekking.fr/le-denivele-positif-et-negatif
Pourquoi le profil altimétrique est indispensable
Lorsque vous préparez une randonnée sur une application, vous voyez presque toujours un graphique appelé un profil altimétrique.
Ce graphique montre très clairement :
- où sont les montées,
- où sont les descentes,
- et surtout le pourcentage des pentes.
C’est un outil fondamental, car deux randonnées peuvent avoir exactement les mêmes chiffres, mais une difficulté totalement différente.
Deux randonnées, mêmes chiffres… difficulté opposée
Premier cas :
- 10 km
- 500 m de dénivelé positif
- 500 m de dénivelé négatif
Mais la montée et la descente sont concentrées sur une courte portion du parcours.
Résultat : le début est facile… puis la randonnée devient brutalement très difficile.

Deuxième cas :
- mêmes chiffres,
- mais le dénivelé est réparti sur l’ensemble du parcours.
Les montées et les descentes sont plus progressives, plus régulières.
Au final, cette randonnée est beaucoup plus facile, alors que les chiffres sont identiques.

Donc connaître le dénivelé total est une bonne base, mais il faut absolument regarder comment il est réparti.
Exemple : Randonnée des 3 lacs dans les Vosges
Sur la randonnée des 3 lacs, on voit clairement une montée à plus de 15 % jusqu’aux crêtes. Autant dire que ça va tirer sur les mollets.

Et plus loin, une descente également à plus de 15 % vers le lac du Forlet : donc attention aux genoux.

C’est pour ça qu’il est vraiment important de toujours jeter un œil au profil altimétrique avant de partir.
Ça permet de repérer à l’avance les montées les plus raides et les descentes les plus difficiles, et d’éviter les mauvaises surprises une fois sur le terrain.
Le kilomètre effort : comparer ce qui est comparable
Comment comparer deux randonnées aux caractéristiques différentes ?
Par exemple, comment savoir laquelle de ces deux randonnées est la plus difficile ?
- Randonnée 1 = 15 km avec 650 m de D+ et 500 m de D-
- Randonnée 2 = 20 km avec 400 m de D+ et 600 m de D-
À première vue, c’est presque impossible de le dire sans regarder plus en détail. C’est là qu’intervient une notion très utile : le kilomètre effort.
Principe du kilomètre effort
Le principe est simple : on ajoute à la distance réelle de la randonnée des kilomètres fictifs, qui représentent l’effort supplémentaire lié au dénivelé. En additionnant la distance parcourue et ces kilomètres d’effort, on obtient ce qu’on appelle les kilomètres effort.
Ce chiffre permet de comparer plus facilement les randonnées entre elles et, surtout, d’éviter de se lancer dans un parcours trop difficile par rapport à son niveau.
Comment calculer ce fameux kilomètre effort ?
Pour le dénivelé positif, la règle est très simple : tous les 100 mètres de montée, on ajoute 1 kilomètre d’effort à la distance réelle.
Retenez : le chiffre des centaines devient directement des kilomètres effort.
Par exemple :
• 600 m de dénivelé positif = 6 km effort
• 800 m de dénivelé positif = 8 km effort
Pour le dénivelé négatif, c’est un peu différent : tous les 400 mètres de descente, on ajoute 1 kilomètre d’effort. Il suffit de prendre le chiffre des centaines et de le diviser par 4.
Par exemple :
• 400 m de dénivelé négatif = 4 ÷ 4 = 1 km effort
• 1 000 m de dénivelé négatif = 10 ÷ 4 = 2,5 km effort
Exemple : Randonnée des 3 lacs dans les Vosges
Reprenons l’exemple de la randonnée des 3 lacs dans les Vosges.
Ce parcours fait 11,5 km, avec 400 m de dénivelé positif et 400 m de dénivelé négatif.
Pour calculer le kilomètre effort, on applique les règles vues juste avant. On sait que 100 m de dénivelé positif correspondent à 1 km effort, donc ici : 400 m de D+ = 4 km effort.
Pour le dénivelé négatif, on sait que 400 m de descente correspondent à 1 km effort, donc : 400 m de D- = 1 km effort.
Au final, pour cette randonnée, on obtient : 11,5 km réels + 4 km effort + 1 km effort = 16,5 km effort.
Ce chiffre permet de bien mieux savoir à quoi s’attendre une fois sur le terrain.
4/ Les autres facteurs pour évaluer la difficulté d’une randonnée
Mais attention, le kilomètre effort ne fait pas tout. Il reste encore plusieurs éléments importants à prendre en compte pour bien estimer la difficulté réelle d’une randonnée.
La difficulté d’une randonnée ne dépend pas que des chiffres.
Le type de terrain
On a d’abord, le type de terrain. Marcher sur un large chemin bien roulant, ce n’est pas du tout la même chose que progresser dans un pierrier.
Sur la carte IGN, les couleurs et les symboles vous donnent déjà de très bonnes indications.
On peut voir si l’on traverse une forêt, des zones rocheuses ou des éboulis. Et pour affiner encore un peu plus, les images satellites sont très utiles pour se faire une idée concrète du terrain avant de partir.
Le poids du sac
Autre point à ne pas oublier : le poids du sac à dos. Faire une randonnée à la journée avec un sac de 4 kg, ce n’est clairement pas la même chose que partir avec un sac de 12 kg pour un trek.
Plus le sac est lourd, plus l’effort demandé sera important, surtout en montée et en descente. D’ailleurs, j’ai fait un article dédiée pour apprendre à alléger son sac de randonnée, je vous conseille vraiment d’y jeter un œil.
Lien : https://montagnetrekking.fr/poids-sac-a-dos-randonnee
La météo
Ensuite il faut aussi tenir compte de la météo. S’il a plu ou s’il pleut, les sentiers peuvent devenir vite glissants et donc la progression est bien plus lente. Donc la météo joue énormément sur la difficulté ressentie.
J’ai également fait un article sur comment prévoir la météo pour votre prochaine randonnée ?

Votre forme physique
Et enfin, dernier point, mais sans doute le plus important : votre forme physique et vos envies.
Si vous débutez, commencez tranquillement, avec des randonnées faciles et peu de dénivelé. Prenez le temps de connaître votre rythme de marche, en kilomètres par heure. La plupart des applications de randonnée vous donnent cette information quand vous enregistrez vos sorties.
Conclusion
En croisant :
- la distance randonnée,
- le dénivelé positif et négatif,
- le profil altimétrique,
- le kilomètre effort,
- et les conditions réelles du terrain,
vous avez toutes les clés pour choisir des randonnées adaptées à votre niveau et à vos envies.
À très bientôt sur les sentiers
Lionel
